Dos de Mayo - La révolte madrilène

Si aujourd’hui le soulèvement madrilène du 2 mai 1808 est surtout connu comme le nom d’un diptyque de Francisco Goya, il est aussi à l’origine d’une guerre d’indépendance espagnole contre l’invasion française menée par Napoléon entre 1807 et 1814. Alors que le pouvoir royal des Bourbons d'Espagne est en péril, le peuple de Madrid se révolte contre les soldats français. Ces affrontements font des milliers de morts et déclenchent un mouvement plus généralisé qui va voir le peuple d’Espagne s’unir contre les Français. L’effort est tel que Napoléon doit personnellement intervenir dans la péninsule. Il s'investira tellement dans la guerre qu’il la qualifiera, a posteriori, d’un ulcère.

 

Dos de mayo par joaquin sorolla

Mort du capitaine Velarde lors des soulèvements du 2 mai 1808 par Joaquín Sorolla (1884)

 

Les relations franco-espagnoles au début du XIXe siècle

Depuis la guerre de Succession d’Espagne (1700 – 1714), les relations entre l’Espagne et la France se sont accrues. Au cours du XVIIIe siècle, les deux dynasties Bourbon partageaient un puissant lien, notamment dans leur inimitié avec l’Angleterre. Si pendant la Révolution française, la fidélité des Bourbons d’Espagne envers leurs cousins s’est concrétisée par une guerre contre les révolutionnaires, l’arrivée de Napoléon au pouvoir en 1799, puis en tant qu’empereur en 1804, rebat les cartes et l’attente revient.

Durant les guerres de Napoléon, l’Espagne prend parti pour l’empereur. Elle participe par exemple à la bataille navale de Trafalgar (1805) contre l’Angleterre, où elle perd de nombreux navires et une grande quantité d’argent, ce qui fragilise profondément le royaume. Ce dernier est aussi dans une période d’instabilité politique. Le roi Charles IV est faible et manque de soutien politique. De nombreuses décisions passent par sa femme, la reine Marie-Louis de Bourbon-Parme, et son chancelier, Manuel Godoy. Ces derniers entretiennent d’ailleurs une liaison, ouvertement connue et dénoncée, discréditant le roi et son gouvernement auprès de la population.

 

Portrait de manuel godoy par francisco bayeu

Portrait de Manuel Godoy par Francisco Bayeu vers 1792

 

En 1806, Napoléon met en place le blocus continental. Il veut isoler le Royaume-Uni économiquement et politiquement en l’empêchant de commercer avec le reste de l’Europe. Seuls le Portugal et la Suède restent ouverts aux navires anglais. Si la Suède reste loin, le Portugal, quant à lui, est bien plus accessible pour les troupes impériales. Cependant, elles doivent passer par l’Espagne. Pour cela, en 1807, Napoléon signe avec le chancelier Godoy le traité de Fontainebleau. L’Espagne autorise la France à traverser son pays jusqu’au Portugal en échange du partage du pays vaincu, dont une partie, le sud, devait revenir personnellement à Godoy. C’est ainsi que, sous les ordres du général Jean-Andoche Junot, une armée française franchit les Pyrénées, traverse l’Espagne et prend Lisbonne le 30 novembre 1807. La famille royale portugaise est contrainte à l’exil au Brésil. Si pour la France c’est une victoire, pour l’Espagne, la douche est froide. Bien que le Portugal soit vaincu, les Français ont profité de la campagne pour installer des garnisons, en tout 65 000 hommes, dans certaines grandes villes comme Barcelone, Pampelune ou Saint-Sébastien, prétextant des troupes de maintien de la paix et de soutien logistique.

 

Aranjuez et la succession espagnole

Cette présence étrangère ne plaît pas aux populations locales et l’impuissance du roi n’arrange rien à la situation. Finalement, le 17 mars 1808, un soulèvement populaire éclate à Aranjuez, où s’était réfugiée la famille royale qui ne supportait plus l’animosité qui régnait à Madrid. Les émeutiers parviennent à prendre la demeure royale d’assaut. Godoy part se cacher et n’est sauvé que par l’intervention de la famille royale. Sous la pression des émeutiers, et de partisans aristocratiques, le roi Charles décide d’abdiquer au profit de son fils Ferdinand, qui devient Ferdinand VII.

 

La mutinerie d aranjuez

Emeute d'Aranjuez le 17 mars 1808. Gravure de Francisco de Paula Martí, sur un dessin de Zacarías Velázquez. Vers 1814

 

Cependant, la succession de Ferdinand n’est pas au goût de Napoléon. Le roi Charles lui permettait d’agir plus facilement. Ferdinand apparaît comme plus difficile à manipuler malgré un soutien ouvert aux Français. Sous prétexte de discuter du futur des relations franco-espagnoles, Napoléon fait venir Ferdinand et Charles à Bayonne le 30 avril 1808. Ce que les Espagnols ne savent pas, c’est que l’empereur envisage, plutôt que de laisser la couronne aux Bourbons, de la confier à son frère Joseph. De cette façon, son contrôle serait total. Napoléon ne voit pas le peuple espagnol d’un très bon œil. Il le juge décadent, enfermé dans ses souvenirs du Siècle d’Or (Siglo de Oro – XVIe-XVIIe siècles), et plutôt docile.

 

Le 2 mai, la révolte éclate à Madrid

Alors que la famille royale espagnole est à Bayonne, Napoléon décide de faire venir les derniers membres pour éviter toute dissidence. Le 2 mai, il ordonne à Joachim Murat, lieutenant-général de l’Empereur en Espagne et commandant des forces françaises de Madrid de commencer le déplacement de la princesse Marie-Louise d'Étrurie et de l’infant François de Paule. Le départ du dernier n’est pas sans agitation. Il a alors 14 ans et s’agite car il ne veut pas partir. Une foule de Madrilènes était rassemblée aux grilles du palais et assistait, médusée, au départ des derniers membres Bourbons. Toutefois, le sentiment anti-français et l’agitation croissante se sont ensuite mués en mouvement de révolte. On entend des cris scandaient : « Ils nous l’enlèvent » (¡Que nos lo llevan! en espagnol) et la foule se déchaîne. Elle force la grille et se jette sur les soldats français. Pour se protéger, Murat ordonne la riposte et fait venir une bataillon de grenadiers de la Garde impériale et des canons. C’est alors que le point de non-retour est franchi. Murat, face à la foule, fait tirer aux canons, dévastant les corps et la place.

À partir de là, c’est l’escalade. Les Madrilènes se font passer le mot de l’enlèvement des infants royaux et de la sanglante répression au palais royal. Aux cris de « Mort aux Français », ils sortent de leurs maisons armés de ce qu’ils peuvent trouver : couteaux de cuisine, poignards, instruments de travail, bâton… Ils ne font pas le poids face aux soldats de Napoléon mais ils utilisent les ruelles étroites pour lancer des embuscades et attaquer au corps-à-corps. Certains parviennent même à se faufiler dans les maisons occupées par des officiers français et les assassinent. Dépassés, les Français doivent se maintenir en groupes conséquents et rester sur les grands axes.

 

Malasana et sa fille eugeno alvarez dumont

Le boulanger Masalaña tuant un cavalier français après la mort de sa fille Manuela. Eugenio Álvarez Dumont (1887)

 

Les insurgés tentent de prendre le contrôle des principales portes de la ville afin d’empêcher l’arrivée de renforts français. Malheureusement pour les Espagnols, près de 30 000 Français parviennent à pénétrer dans Madrid et gardent le contrôle de la ville. La répression est ensuite d’une grande violence. À la Puerta del sol (la « Porte du soleil »), Murat fait ordonner la charge à ses chasseurs à cheval et aux mamelouks de l’Empereur. Les Espagnols tombent par dizaines. À cela, vient s’ajouter le ratissage systématique de chaque quartier et de chaque maison de Madrid. Tout individu trouvé avec ce qui peut s’apparenter à une arme est exécuté, homme et femme.

 

Dos de mayo par goya

Dos de Mayo : La charge des mamelouks par Francisco Goya (1814)

 

Dans cette révolte, il faut noter la résistance d’une partie de l’armée espagnole. Si la grande majorité ne bouge pas, les capitaines Luis Daoíz y Torres et Pedro Velarde Santillán, de la garnison de Monetleón débutent une contre-attaque. Dans le parc d’Artillerie, ils installent des canons et luttent avec acharnement contre les Français qui doivent envoyer plusieurs vagues de soldats chargeant à la baïonnette. Bien que courageux, ils sont dépassés par le nombre et l’artillerie française qui pilonne la place tandis que les soldats chargent. Daoíz et Velarde meurent dans l’affrontement.

 

Le 3 mai, le temps de la répression

Le 2 mai se termine par une victoire française. Les insurgés ne pouvaient pas faire le poids contre les soldats français, mieux armés et plus nombreux. Sur l’ordre de Murat, une importante répression prend place après un décret spécial avec une volonté de faire un exemple pour toutes les envies séditieuses dans le reste du pays. Des centaines de Madrilènes sont arrêtés et exécutés par des pelotons spéciaux dirigés à travers la ville, en particulier sur la montagne du Prince Pío (Montaña del Príncipe Pío) qui a inspiré le peintre Francisco Goya pour son Tres de Mayo (voir plus bas).

Par la suite, avec le soutien du Conseil de Castille, Murat fait mettre en place une forme de loi martiale en Espagne. Les rassemblements sont interdits et tout ce qui pourrait servir d’armes est saisi par les militaires.

En tout, les estimations évaluent les morts à plusieurs milliers d’Espagnols pour un peu moins d’un millier de Français. 

 

Mort de velarde lors du 2 mai 1808 par manuel castellano 1

Mort du capitaine Velarde lors de la répression du 2 mai par Manuel Castellano (1864). Museo de Historia de Madrid

 

Le déclenchement de la guerre d’indépendance espagnole

L’historiographie espagnole a utilisé les événements des 2 et 3 mai 1808 pour marquer le début d’une insurrection plus généralisée à travers l’Espagne. En effet, Madrid a servi d’exemple à d’autres villes comme Barcelone ou Saragosse qui se soulèvent à leur tour et débutent ce que les Espagnols nomme la « guerre d’indépendance » face à la France. Une guerre qui va rapidement prendre une tournure inattendue. L’Espagne obtient le soutien de l’Angleterre qui y envoie le général Arthur Wellesley, futur duc de Wellington, le vainqueur de Waterloo (1815). La guerre est longue et meurtrière, à tel point que Napoléon est même contraint de venir sur place pour commander ses armées. Elle ne prend fin qu’en 1814 au moment de la première reddition de Napoléon contre à la coalition européenne.

Face à un ennemi bien plus puissant, les Espagnols ont opté pour une nouvelle forme de guerre. Les soldats réguliers sont secondés par des partisans et des civils qui attaquent les Français lors de petites escarmouches ou lancent des embuscades sur leurs arrières ou dans les villes. C’est ce que les historiens de la guerre et stratèges nomment la « petite guerre » ou guérilla. Cette pratique va ensuite être réutilisée par les mouvements de résistance à travers le monde, en particulier les mouvements révolutionnaires durant la guerre froide.

 

Carte des campagnes de napoleon en espagne

Carte des campagnes de Napoléon pendant la guerre d'Espagne (1807 - 1814) ©LégendeCartographie

 

Les soulèvements du 2 mai, désormais connus comme ceux du « Dos de Mayo » en Espagne, ont aussi eu des conséquences politiques plus ou moins durables dans le temps. En Europe, le pouvoir de Madrid tombe entre les mains de Joseph Bonaparte qui est déclaré roi le 6 mai 1808. Bien que non-reconnu par les pouvoirs locaux et le peuple, la couronne échappe aux Bourbons jusqu’en 1814. Également, pendant cet intervalle, les colonies américaines ont saisi l’occasion de l’instabilité pour obtenir leur indépendance. Des mouvements de libération apparaissent en Amérique centrale avec une guerre d’indépendance au Mexique entre 1810 et 1821, et en Amérique du Sud avec Simon Bolivar en Colombie et au Vénézuéla.

 

Mémoire de la révolte dans les arts et la culture espagnols

La mémoire des 2 et 3 mai s’est presque construite dans l’immédiateté. En 1814, le roi Ferdinand, de nouveau au pouvoir, décide de célébrer le soulèvement madrilène, transformé depuis en mouvement espagnol. Une commande d’œuvres d’art est passée. Parmi tout ce qui a été fait deux tableaux sont aujourd’hui entrés dans l’histoire, les Dos de Mayo (El dos de mayo de 1808 en Madrid en Espagne) et Tres de Mayo (El 3 de mayo en Madrid) de Francisco Goya. Ce peintre espagnol a choisi deux scènes particulièrement explicites : la charge des chasseurs et des mamelouks pour son Dos de Mayo, avec comme sous-titre La charge des mamelouks (« La carga de los mamelucos en la Puerta del Sol »), et l’exécution de Madrilènes par les Français (El 3 de mayo de 1808 en Madrid, Los fusilamientos en la montaña del Príncipe Pío). Ces deux tableaux, riches dans leur décor et jeux de lumière, servent d’éléments fédérateurs pour le peuple qui veut se reconstruire après les guerres napoléoniennes. Les mamelouks impériaux viennent également rappeler le souvenir des cavaliers arabes du Moyen Âge, qui ont ravagé et occupé le pays pendant près de 700 ans. Aujourd’hui encore, en particulier le Tres de Mayo, est un tableau emblématique de l’histoire de l’art et une œuvre fréquemment étudiée dans les programmes scolaires, tant pour les techniques artistiques que pour le message historique et culturel.

 

Tres de mayo de goya

Tres de Mayo par Francisco Goya (1814)

 

Au-delà des arts, les jours de la révolte madrilène sont aussi célébrés comme une fête régionale pour la communauté de Madrid, la région autonome espagnole. La ville s’est aussi dotée d’un mobilier urbain pour rappeler le 2 mai. Sur la place de Monteleón, un arc de triomphe ainsi que les statues des capitaines Daoíz et Vellarde ont été érigées. D’autres monuments les ont rejoints afin de rappeler les morts mais aussi l’idéal du soulèvement du 2 mai 1808 comme la place de la Puerta del sol. Des mythes et des symboles vont également être associés au soulèvement du 2 mai comme celui de la Malasaña. Manuela Malasaña était une jeune boulangère de 17 ans qui décida de participer aux émeutes. Elle mourut dans les combats sur la colline de Monteleón, au côté des capitaines Daoíz et Velarde. En 1961, la mairie de Madrid décide de baptiser l'un de ses quartiers en son nom. L'histoire veut qu'elle était une descendante de migrants français, dont le nom était Malesange.

 

Monument de daoiz et velarde a madrid

Monument aux capitaines Daoíz et Velarde à Madrid sur la Plaza del Dos de Mayo

 

Publié par Adrien RASATA, le 2/05/2026

Sources

Articles internet :

Articles de presse :

Articles Wikipédia :

Vidéos YouTube :

  • El levantamiento del 2 de Mayo 1808, par la chaîne Mario Opazo | Historia y Viajes Históricos, mise en ligne le 5 mai 2022 [en ligne] [visionnée le 01/05/2026]. Disponible sur : https://youtu.be/lcDcs53Bb5A
  • L’HISTOIRE PAR L’ImAGE | Le trois mai 1808, El très de Mayo de Goya, par la chaîne Grand Palais, mise en ligne le 6 juillet 2023 [en ligne] [visionnée le 01/05/2026]. Disponible sur : https://youtu.be/KfKzh1sWxlA
  • La grande erreur de Napoléon : l’invasion de l’Espagne, par la chaîne Histoire Épique, mise en ligne le 26 juillet 2024 [en ligne] [visionnée le 01/05/2026]. Disponible sur : https://youtu.be/qfDNyts-m5k

Crédits image :

  1. Mort du capitaine Velarde lors des soulèvements du 2 mai 1808 par Joaquín Sorolla (1884). Licence Wikimedia Commons. Disponible sur : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Dos_de_mayo,_por_Joaqu%C3%ADn_Sorolla.jpg
  2. Portrait de Manuel Godoy par Francisco Bayeu vers 1792. Licence Wikimedia Commons. Disponible sur : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Manuel_de_Godoy,_por_Francisco_Bayeu_(Real_Academia_de_Bellas_Artes_de_San_Fernando).jpg
  3. Émeute d'Aranjuez le 17 mars 1808. Gravure de Francisco de Paula Martí, sur un dessin de Zacarías Velázquez. Vers 1814. Licence Wikimedia Commons. Disponible sur : https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Mutiny_of_Aranjuez#/media/File:Ca%C3%ADda_y_prisi%C3%B3n_del_Pr%C3%ADncipe_de_la_Paz.JPG/2
  4. Le boulanger Masalaña tuant un cavalier français après la mort de sa fille Manuela. Eugenio Álvarez Dumont (1887). Licence Wikimedia Commons. Disponible sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Malasana_y_su_hija_-_Eugenio_%C3%81lvarez_Dumont.jpg
  5. Dos de Mayo : La charge des mamelouks par Francisco Goya (1814). Licence Wikimedia Commons. Disponible sur : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:El_dos_de_mayo_de_1808_en_Madrid.jpg
  6. Mort du capitaine Velarde lors de la répression du 2 mai par Manuel Castellano (1864). Museo de Historia de Madrid. Licence Wikimedia Commons. Disponible sur : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Museo_de_Historia_de_Madrid-19410-Muerte_de_Velarde_el_Dos_de_Mayo_de_1808.jpg
  7. Carte des campagnes de Napoléon pendant la guerre d'Espagne (1807 - 1814) ©LégendeCartographie. Disponible sur : https://64.media.tumblr.com/6cd4d557522e97e9881990a1e934a1be/b0bb03e40b80cc52-e9/s1280x1920/ba617a681ea22ff782612b0872aa182f3619c7c8.jpg
  8. Tres de Mayo par Francisco Goya (1814). Licence Wikimedia Commons. Disponible sur : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Francisco_de_Goya_y_Lucientes_-_Los_fusilamientos_del_tres_de_mayo_-_1814.jpg
  9. Monument aux capitaines Daoíz et Velarde à Madrid sur la Plaza del Dos de Mayo. Licence Wikimedia Commons. Disponible sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Monumento_a_Daoiz_y_Velarde_en_la_Plaza_del_2_de_Mayo_de_Madrid.jpg
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